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LBO : de quoi s’agit-il ?

Résumé

jeudi 29 Avr 2021

Le terme LBO vient de l’anglais Leveraged Buy–Out, une expression que l’on traduit souvent en français par « acquisition par effet de levier ».  Bien que ce mécanisme ait été initialement utilisé pour racheter des sociétés cotées en bourse, il s’est petit à petit démocratisé pour s’adapter au rachat de PME, permettant aux repreneurs d’obtenir d’excellents retours sur investissement.  Retour dans le temps […]

Le terme LBO vient de l’anglais Leveraged BuyOutune expression que l’on traduit souvent en français par « acquisition par effet de levier ». 

Bien que ce mécanisme ait été initialement utilisé pour racheter des sociétés cotées en bourse, il s’est petit à petit démocratisé pour s’adapter au rachat de PME, permettant aux repreneurs d’obtenir d’excellents retours sur investissement. 

Retour dans le temps

En 1987, la bourse connait une chute vertigineuse. C’est le fameux « Black Monday ». Ayant perdu beaucoup d’argent, les banques se demandent comment renflouer les caisses et décident alors d’investir massivement dans leurs départements fusion et acquisition (M&A) qui vont mettre en place des opérations de LBO pour les proposer à leurs clients. Parallèlement à cela, les sociétés cotées en bourse ne coûtent plus très cher vu la chute des cours. Certains investisseurs y voient l’opportunité de racheter des entreprises et de les extraire de la bourse à des prix intéressants. Bien entendu, peu d’investisseurs disposent de sommes suffisantes pour reprendre toutes les actions de sociétés telles que RJR Nabisco (connue pour ses marques telles que Snickers, Camel, Oréo, …) ou Heinz (le fameux ketchup). Ils doivent donc faire massivement appel à de la dette, donc à l’effet de levier.  

L’effet levier en pratique

Mais qu’est-ce que l’effet de levier ? Prenons un exemple concret.

Imaginons une société A qui décide d’acheter un actif. Cet actif peut être un bâtiment, une ligne de production, un logiciel Dans le cas plus spécifique d’un LBO, l’actif acquis est une société. Pour notre exemple, disons que la société A veut acheter un bâtiment et le mettre en location. 

Le bâtiment lui est proposé pour la somme de 1.000.000 € (nous omettons volontairement les droits d’enregistrement pour simplifier). Il génère des revenus nets (loyers perçus minorés des charges et des impôts) annuels moyens de 40.000 €. La société A n’aime pas recourir à l’endettement. Elle va donc mobiliser toute sa trésorerie pour acquérir le bâtiment. Quel est son rendement ? Il est calculé par le ratio « résultat net / fonds propres investis » (return on equity, ROE). En chiffres : 40.000 / 1.000.000 = 4%.  

La société B s’intéresse au même bâtiment. Mais contrairement à A, la dette ne lui fait pas peur. Sa banque accepte de lui prêter 600.000 € à un taux de 2% par an ; la société B doit par conséquent investir 400.000 € de sa poche. La première année, elle paiera 2% x 600.000 = 12.000 € d’intérêts. Les intérêts étant des charges déductibles, la société B réduira par ailleurs sa base imposable du même montant et payera 12.000 x 25% = 3.000 € d’impôts en moins (taux d’imposition de 25% dans ce cas-ci). Le coût après impôt de l’endettement est dès lors de 12.000 – 3.000 = 9.000 €. Le résultat net de la société est réduit du même montant pour s’établir à 40.000 – 9.000 = 31.000 €. Calculons le ROE de la même façon qu’au paragraphe précédent : ROE = 31.000 / 400.000 = 7,75 %. 

Super ! Mais alors, pourquoi ne pas pousser l’endettement à son maximum et demander à la banque un crédit pour la totalité de l’investissement ? Parce que bien entendu, qui dit endettement, dit augmentation du risque de l’investissement. Disons que dans l’exemple, les revenus nets liés au bâtiment acheté permettent de rembourser le crédit, avec un léger surplusQue se passe-t’il si le locataire unique du bâtiment décide de s’en aller et qu’il faut six mois pour en trouver un nouveau ? Il est alors impossible de rembourser la banque durant cette période et celle-ci peut demander que la société B soit mise en faillite. Le recours à l’endettement augmente donc le risque de l’investissement. C’est la base de la finance : qui dit meilleur rendement, dit plus grand risque. 

C’est entre-autre là que réside l’art de monter un bon LBO : optimiser l’endettement pour obtenir le meilleur rapport entre le rendement et le risque, en fonction de l’aversion au risque des investisseurs.  

Bien entendu, la majorité des rachats d’entreprises se fait par recours à l’endettement et donc avec un effet de levier. Mais ce n’est pas pour autant qu’il s’agit d’un LBO si l’objectif visé n’est pas d’optimiser l’endettement pour améliorer le rendement de l’investissement. 

Le LBO en trois questions 

Faire un bon LBO, c’est simple ! Il suffit de trouver le juste équilibre entre endettement et fonds propre, puis d’appeler la banque pour lui demander un crédit ? 

Hélas non… il existe une multitude d’autres instruments financiers permettant d’optimiser l’endettement. Dans l’exemple, la société B n’aurait pas pu augmenter son endettement « classique » puisque les loyers nets ne lui permettent par de rembourser beaucoup plus de dette… sauf si… cette nouvelle dette n’est remboursable qu’à l’échéance ! Si la société veut acheter l’immeuble, l’exploiter 10 ans, puis le revendre, ce peut être une bonne solution. Durant cette période, elle ne paiera que les intérêts et lorsqu’elle revendra l’immeuble, elle remboursera le principal. 

Toutes les sociétés se prêtent-elles à un LBO ? 

Non. LLBO doit reposer sur un agenda de cash flows. Pour un bon LBO, il faut donc une société cible qui dispose de cash flows stables et prévisibles.  

Quelle est la durée d’un LBO ? 

Cela dépend de l’acheteur. Durant les premières années, le montage ne génère pas ou peu de trésorerie excédentaire. L’acheteur ne peut donc pas se verser de dividende puisque chaque euro gagné est utilisé pour rembourser la dette et payer les intérêts. Une fois toutes les dettes soldées, plusieurs possibilités : 

  • Revendre la société 
  • Endetter à nouveau la structure pour verser un dividende aux actionnaires 
  • Profiter des cash flows élevés de la société pour rémunérer les actionnaires sur les années qui suivent

 

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