En tant qu’entrepreneur, l’idée de reprendre une entreprise peut un jour s’imposer comme une évidence. Une fois votre projet clairement défini et votre cible identifiée, le processus d’acquisition exige plusieurs étapes incontournables : établir une valorisation rigoureuse et un plan financier solide. Ces deux piliers vous permettront de confirmer la faisabilité de votre projet et de vérifier l’adéquation entre vos ambitions et la réalité de l’entreprise ciblée. Une fois ces paliers validés, vient alors la question du financement de l’acquisition, plusieurs leviers et solutions s’offrent à vous.
L’apport en fonds propres : combien prévoir ?
Au-delà du prêt bancaire et des éventuelles contributions d’investisseurs tiers, une partie de l’acquisition doit impérativement être financée sur vos fonds propres. Il n’existe pas de montant minimum légal, mais la pratique du marché belge converge vers un apport de l’ordre de 25 à 30 % du prix total. À nuancer bien sûr selon le profil de l’acquéreur, la nature de la cible, l’endettement préexistant dans celle-ci et la qualité du dossier présenté à la banque.
Dans certaines situations spécifiques, des montages à levier plus élevé sont possibles. C’est une configuration que nous avons déjà fait aboutir chez BestValue, grâce à un travail préparatoire rigoureux et des relations bancaires de confiance. Ces cas restent toutefois l’exception, et nous sensibilisons systématiquement nos clients à la pression que cela peut générer sur la trésorerie de la cible post-reprise.
Le crédit bancaire : socle du financement d’acquisition
La banque demeure le partenaire central de toute acquisition. Elle financera généralement la partie complémentaire à votre apport, sur une durée de 7 ans, pouvant aller jusqu’à 10 ans lorsque l’opération intègre une forte composante immobilière.
Pour convaincre votre banquier, vous aurez besoin d’un business plan solide et d’une capacité de remboursement clairement démontrée. Il est important de noter que la banque s’appuiera davantage sur la capacité bénéficiaire de l’entreprise rachetée que sur votre patrimoine personnel. Son analyse portera sur l’ensemble des flux de trésorerie de la société, qu’il s’agisse des flux opérationnels, des investissements futurs à envisager ou des flux financiers. L’objectif est d’évaluer dans quelle mesure l’entreprise aura la capacité de financer sa propre reprise grâce aux flux qu’elle dégagera tout au long de la période de remboursement.
Outils complémentaires : Vendor loan et Earn-out
Lorsque le financement bancaire ne suffit pas à boucler le tour de table, deux mécanismes peuvent compléter le montage d’acquisition.
Le vendor loan, ou crédit vendeur, consiste à demander au cédant de différer le paiement d’une partie du prix de vente. Concrètement, le vendeur endosse temporairement le rôle de prêteur vis-à-vis de l’acquéreur, moyennant un taux d’intérêt supérieur à celui d’un financement bancaire classique, en contrepartie du risque qu’il accepte de porter.
Ce mécanisme présente un avantage stratégique majeur : il permet généralement de rassurer la banque, qui considère le vendor loan comme un effort propre de l’acquéreur, renforçant ainsi la crédibilité financière du projet de reprise. C’est un signal fort de confiance mutuelle, et cet outil est de plus en plus répandu dans les transactions de petite et moyenne taille en Belgique.
L’earn-out fonctionne différemment : une partie du prix est conditionnée à l’atteinte d’objectifs, le plus souvent financiers. Si les résultats sont au rendez-vous après la cession, le vendeur percevra le complément de prix. C’est un mécanisme utile pour rapprocher les attentes du vendeur de celles de l’acquéreur, mais il exige des indicateurs précis et convenus à l’avance pour éviter les litiges post-closing.
Le Leveraged Buy-Out: LBO
Le LBO représente la structuration de reprise reine dans le cadre d’une reprise d’actions (et non pour les fonds de commerce). Dans ce cadre, c’est la holding qui contracte la dette, et ce sont les dividendes remontés de la société acquise qui servent à la rembourser. Cette méthode est utilisée dans 99 % des share deals. C’est notamment la fiscalité entre sociétés liées qui plaide en faveur de ce type de structuration.
L‘importance de l’évolution du marché
Le contexte a évolué ces dernières années. La hausse des taux d’intérêt entre 2022 et 2024 a mécaniquement réduit la capacité d’endettement des acquéreurs, comprimant les valorisations, et ce particulièrement dans le segment des petites PME. Les multiples d’EBITDA effectivement payés dans le small-cap belge (entreprises réalisant moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires) se situent aujourd’hui souvent entre 4,5x et 6x, loin des chiffres parfois avancés publiquement. Cela crée des opportunités réelles pour les acquéreurs bien préparés et bien financés.
Il n’existe pas de montage universel. La bonne structure dépend de votre profil, de celui de la cible et des conditions du marché au moment de la transaction. Ce qui ne change pas, c’est la nécessité d’anticiper : plus vous structurez votre financement en amont, plus vous serez crédible et réactif le moment venu.
Vous souhaitez évaluer votre capacité de financement avant de vous positionner sur une opportunité ? Contactez BestValue.